Atelier de validation des outils RdR à Ebolowa : le Cameroun renforce sa riposte VIH-drogues
Du 6 au 11 avril 2026, le Comité National de Lutte contre le SIDA, en appui au programme de réduction des risques (RdR) du Ministère de la Santé Publique, a participé à Ebolowa (Région du Sud) à un atelier financé par Care International Cameroun. Dans le but de valider les livrables de l’assistance technique internationale sur la RdR liée à l’usage de drogues. Les livrables attendus prennent en compte les documents stratégiques nationaux, procédures opérationnelles standard, le plan opérationnel RdR 2026-2030 et outils de suivi-évaluation et assurance qualité nécessaire au déploiement harmonisé des interventions. Les travaux, coordonnés techniquement par le cabinet International Africa Synergy Plus, ont réuni de nombreuses parties prenantes. Ils ont été ouverts par le Délégué Régional de la Santé Publique pour le Sud, Charles YOPNDOI, qui s’est félicité que sa région frontalière, exposée aux trafics, accueille cette rencontre aux résultats prometteurs pour les communautés locales. La recommandation phare : charger Africa Synergy Plus d’élaborer un document de Stratégique National sur la RdR, livrable jugé impératif.
Les statistiques du CNLD rappellent l’urgence selon laquelle dans la population usagers de drogues 74,4 % sont des usagers de drogues (UD) non injectable au Cameroun, dont 8,7 % vivant avec le VIH. D’autres part, 25,5 % sont des usagers de drogues injectables (UDI), avec une prévalence VIH de 18,7 %. L’injection accroît fortement le risque de transmission du VIH, du VHB, du VHC et de la TB d’où la nécessité d’un plan opérationnel RdR 2026-2030 inscrit dans les politiques nationales de lutte contre la drogue et de riposte au VIH/Sida.
Loin d’encourager la consommation, la RdR est un accompagnement pédagogique qui promeut l’attitude responsable chez les UD et cible les populations vulnérables : prophylaxie ARV préventive, intégration des travailleurs sociaux dans les CSAPA, renforcement des capacités des OBC et des acteurs judiciaires pour référer et prendre en charge les PUD. Ces mesures visent à réduire la mortalité, morbidité et transmission VIH-VHB-VHC, TB, IST et autres dommages liés aux drogues.
La consommation de drogues reste un phénomène protéiforme trafic, addiction ou usage récréatif qui gangrène les communautés et constitue un problème majeur de santé publique au Cameroun. Devant ce visage changeant selon les cultures et contextes (inhalation, ingestion, sniff, voie muqueuse ou injection), le pays, aidé de ses partenaires, active des stratégies de prévention ; la RdR apparaît aujourd’hui comme la plus porteuse pour protéger les usagers et freiner l’épidémie.